17.11.09

Eve rit, Bo dit...

Je ne compte plus le nombre de fois où, après avoir lancé une recherche gougueule, je suis tombée sur des blogs inactifs depuis des mois, voire des années, en pensant le plus furtivement possible que son auteur est peut-être mort.
Des tartines de questions, des kilos de certitudes, des tonnes de doutes, des océans de "je suis là je suis là", et...quoi? Ils resteront éternellement suspendus partout et nulle part? Ces photographies choisies, ces révélations plus internes qu'intimes, mélangées à un mp3 qui traîne ou une recette de macaron au chocolat, ces résumés de soi un peu foutraques, éternelles danses des sept-cent mille voiles...
accumulés ou perdus?
ces jours qui défilent quoiqu'il arrive, à l'exception du point final...
accumulés ou perdus?
ces êtres humains que l'on est sans y penser ou en essayant de l'éviter...
accumulés ou perdus?


Slinkachu's Little People

Nine Inch Nails - Where is Everybody ?

22.10.09

shrinkmobil


"j'ai rêvé que je faisais un bras d'honneur, mais...je ne sais pas ce que ça veut dire"

The Edsels - Rama Lama Ding Dong

15.10.09

Jean s'enterre...



"Quand on parle de dauphin, je comprends mieux pourquoi : j'ai vu qu'il y avait un certain nombre de requins autour de moi et que c'était la seule façon de leur résister"

Étonnante répartie.
Leçon tirée du père : faire l'insulte sienne.
Oui parce que "j'ai vu et j'ai compris que c'était la seule façon de leur résister" implique qu'il serait lui-même à l'origine de sa détermination en tant que dauphin...oups.

Ensuite, peut-on dire d'un dauphin qu'il est un symbole de résistance..?
Oum ou Flipper peuvent en témoigner, le dauphin aime faire des ronds dans l'eau en sifflant, et être flatté à coups de poisson offert par la main de l'homme. La baleine se bat, l'orque peut dévorer, mais le dauphin tourne autour des bateaux en attirant l'attention. Moyen comme impact symbolique.

Autre leçon du père : confronter.
Quand tu parles, fils, trouve le moyen de mettre en opposition le "on" et le "je". C'est toi contre le reste du monde, et comme le disait un de mes bons amis "you're with us or against us". Allez file, et make me proud.

Pour clore ce billet d'amour, je terminerai par une variante de sa figure de rhétorique :
"j'aurais peut-être mieux compris si on m'avait surnommé l'Aiglon, au vu de la volée de pigeons qui s'ébattent autour de moi..."

Remarque, l'Aiglon en question n'a jamais eu 23 ans...

9.9.09

les 4 Zamis...




À l'entendre meugler, depuis la porte du restaurant, ce vieil exemplaire de jeté-épaulé de pull rose pâle au croco crânant le polo blanc "ooooh ben putain regardez sur qui on tombe !!! Ah non ah non ! nous on veut la table là-bas hein, on les connaît pas nous !! HAHAHAHA Hein! On veut une autre table hein, on les connaît pas ! Hoho mais dis-donc c'est fou quand même !", et obtenir en écho de l'autre bout de la salle, l'équivalent venant d'un clone trentenaire arrivé quelques minutes plus tôt, j'ai su que le temps du repas allait être difficile.
Si les 10 personnes présentes ce soir-là ne connaissaient pas Jérôme, sa femme, ni Bernard et sa femme, ça allait se régler en deux temps et trois mouvements, puissance douze. Deux fois deux, quatre, à table, juste à ma gauche, jouant à celui qui portera le plus fort l'anecdote familiale à la connaissance générale...
Jérôme, le plus jeune, tête de petit et petit de taille, avait constamment ce geste propriétaire de passer sa main sous le chemisier de sa compagne pour lui caresser les reins... j'hésitai alors entre l'analogie au chien ou à la voiture. Quoi qu'il en soit, Christine paraissait à l'aise et même fière de son mari et maître, même quand il commença à donner son opinion à ses amis, quant à la situation de leur couple. "Ah nan mais tu sais c'que j'lui ai dit à Nouvel An hein ! À Nouvel An, quand on s'est souhaité la bonne année, hein tu te rappelles Christine c'que j't'ai dit..?" Christine baissa un peu le regard en souriant à Bernard qui était sur le point d'en apprendre une bonne. Comme nous tous, je le rappelle.
"À Nouvel An..." hallucinai-je, ou opérait-il une sorte de mise en suspens dans sa narration? Ah non c'est la serveuse qui ramenait les cartes...Bernard y allant de ses bonnes vannes "alors déjà on peut pas faire ça sans apéro hein Jérôme ! On peut pas ! Il nous faut un apéro non?" Rires. (naaaan?!! Rires??? Ben ouai. Rires. Wow.)(sisi, quand tu répètes un truc plusieurs fois très fort, ça devient forcément drôle.)
La serveuse, désormais estampillée "miss", s'éloignant, Jérôme reprit solennellement sa belle histoire.
"À Nouvel An, quand on s'est souhaité la bonne année, je lui ai dit simplement : si l'année prochaine, à la même date, si on ne vit pas ensemble, je te préviens que je ne serai pas là pour te la souhaiter, la bonne année." Et fier de lui, il se pencha vers Christine "hein? J't'ai pas dit ça?", qui dodelina de la tête. (chien+voiture...) Suivirent des justifications diverses et variées selon lesquelles "c'est insupportable de ne pas vivre ensemble sous le même toit, que ça fait quand même 2 ans, et que dans la vie faut savoir trancher, parce qu'on ne sait jamais ce qui va arriver..." le tour menaçant que venait de prendre cette dernière phrase eut l'effet de couper la chique à Bernard, qui essayait jusque là d'abonder dans le sens de son AMI.
Jéjé reprit avec un air mystérieux, dans une métaphore à peine maîtrisée : "parce que c'est comme dans le boulot hein. Moi j'ai déjà perdu un boulot parce que quelqu'un d'autre m'est passé devant... quelqu'un qui était là, au bon moment... et qui a eu le job à ma place."

Ma mâchoire me remercia à ce moment-là de l'avoir occupée à croquer quelques feuilles de salade, sans quoi elle m'eut lâchée un air ébahi du meilleur effet.
Je rêve ou ce mec, juste après lui avoir dit "bonne année ma chérie" a été capable de lui présenter une vision d'avenir simple et nette comme le capot de sa voiture : "si tu fais pas comme je veux, j'me barre et j'peux même m'en taper une autre c'est pas les occases qui manquent" ?!!!
Super Jéjé, méga Jéjé.
Un brin de gêne souffla alors sur la table, Christine n'en mouftant pas une, Jéjé s'engluant dans les "j'me comprends hein", quand, de la gauche de Bernard, une voix innocente s'éleva "mais je ne vois pas c'que vient faire ton boulot là-dedans..?"
C'était Viviane. Touchée par ce qui se disait, mais n'en comprenant pas trop le sens, elle eut le courage de lever son petit drapeau blanc, la force Monuc de la tablée "j'peux rien faire mais est-ce que j'peux rester quand même?".....Ahhh...

Et les moments merveilleux se succédèrent, où l'intrusion sonore fut telle que même le camembert en avait perdu de sa saveur, et d'où s'échappaient de lumineuses fulgurances, véritables comètes de langage. Comme, par exemple, le très ambigu "dans les moments à la con, t'étais toujours là", où le compliment se teintait alors négligemment de reproche…
Petit à petit, l'oreille s'habituant, je n'enregistrais plus les détails, à la manière d'un apiculteur qui ne se rend plus compte qu'il est entouré de centaines d'abeilles, tout concentré qu'il est à appliquer des gestes habituels. Je mangeai, tout en écrivant, et en ponctuant de temps en temps des "t'es surtout con" et autres "fuckin' moron", en défoulement intempestif et soulagement immédiat.

Sortie au début d'une nouvelle conversation marquant la fête à Viviane, l'onusienne perdue dans un champ de mines, "comme t'avais grossi putain c'que t'étais grosse et pi vas-y pour la galipette hein ça donne pas envie quand tu sais que le ptit est sorti du même endroit, hein, ho il était gros pour un si ptit kiki, hein c'était plus pareil après, tu peux pas dire le contraire" (merci Bernard, on avait bien besoin de ça pour rigoler encore un bon coup), j'allumai ma cigarette dans une rue vide et silencieuse. Enfin.

Refrain 1 :
[Les Quat'zamis]
[Sont déjà vos copains, vos amis]
[Les Quat'zamis]
[Vous diront les secrets de la vie]

Si Toucancan est astucieux
Belle-Belle est la plus jolie
C'est Pousse-Moussu le plus sérieux
Et Fabrice le plus gentil

Refrain 2 :
[Les Quat'zamis]
[Sont contents quand ils sont réunis]
[Les Quat'zamis]
[Sont heureux car ils aiment la vie]

27.8.09

histoire de blurb.

"...sisi j'vous jure ! Une grosse boule de roche qui me roule dessus !"

"HAHAHA HEUHEUHEU !"

CLIC !
"SGLURB."

SBLAM.

la nuit je m'emballe...

Allongée sur le dos, je tente de relaxer toutes ces parties du corps sollicitées par les contractures nerveuses, en acceptant l'incursion sonore d'une soirée de voisins avinés qui gratouillent Nirvana à la guitare sèche et gloussent et pouffent et éructent. J'imagine leurs attitudes, leurs visages, de qui l'œillade, à qui la claque dans le dos...sourit à l'idée de la guitare à décapsuleur intégré...et encore une fois, au détour d'un instant d'inattention, la panique déboule. À la manière de ce piège devant lequel Indie doit se jeter pour éviter de finir en passage clouté. La sphère de roche qui, inexorable, profite d'un léger dénivelé pour prendre de la vitesse et t'écraser la gueule. Dure et sourde. Me pousse hors de mon lit, allume les lumières et les cigarettes.