14.1.10

loss





30.12.09

the cave

Un peu plus tôt dans la journée, je croise mon voisin du deuxième s'échinant à ouvrir la porte de la cave. "Bonjour" nous disons-nous. Et cela résume toutes nos conversations, je l'avoue.
Et tout-à-l'heure, sur le chemin de retour, je passe à côté de la cave, dont la porte est grande ouverte, toute lumières allumées. Mais aucun bruit. Je passe la tête, attends un peu pour appeler (comme les blondes dans les films d'horreur) "y a quelqu'un?"...question à laquelle il n'y a jamais de réponse.
Je descends. J'ai des tripes, tremblantes, mais des tripes quand même. Et puis je suis armée d'un paquet de cigarettes neuf. Nos caves sont de l'ancienne école, terre battue, toiles d'araignées, odeurs d'humidité et bordel ambiant. Des portes, oui il y en a, mais c'est comme pour le reste de l'immeuble, on ne sait pas trop pourquoi. Seuls mes pas chrouignent doucement. À un embranchement, tout paraît fraîchement déplacé et rangé. C'est donc mon chemin. J'arrive à hauteur d'une de ces fameuses portes en lattes de pin brut, et je vois une petite cave, vide. Ou presque. Un fauteuil dans un coin, tourné vers la porte, et au sol, des restes de bois de palettes alignés et recouverts de carton épais. Comme...un lit.

Je secoue la tête négativement. Un lit dans une cave, ce n'est pas possible. Un aménagement oui, mais...pas pour un être humain. Je rebrousse chemin, plus vite que je ne le voudrais vraiment. Il faut que je sorte. J'éteins la lumière et claque la porte.
En remontant les étages, je m'arrête au 2e et sonne. La compagne de mon voisin ouvre la porte. Comme tous les gens qui reconnaissent leur voisin à leur seuil, avec ce petit air contrarié...
"voilà, je ne sais pas si j'ai bien fait, mais j'ai fermé la porte de la cave" et dans l'entrebâillement de la porte, je vois mon voisin qui bascule de son fauteuil "ah oui merci j'avais complètement oublié!"...
Tout ça est bien anodin.

Mais je tique quand même.

17.11.09

Eve rit, Bo dit...

Je ne compte plus le nombre de fois où, après avoir lancé une recherche gougueule, je suis tombée sur des blogs inactifs depuis des mois, voire des années, en pensant le plus furtivement possible que son auteur est peut-être mort.
Des tartines de questions, des kilos de certitudes, des tonnes de doutes, des océans de "je suis là je suis là", et...quoi? Ils resteront éternellement suspendus partout et nulle part? Ces photographies choisies, ces révélations plus internes qu'intimes, mélangées à un mp3 qui traîne ou une recette de macaron au chocolat, ces résumés de soi un peu foutraques, éternelles danses des sept-cent mille voiles...
accumulés ou perdus?
ces jours qui défilent quoiqu'il arrive, à l'exception du point final...
accumulés ou perdus?
ces êtres humains que l'on est sans y penser ou en essayant de l'éviter...
accumulés ou perdus?


Slinkachu's Little People

Nine Inch Nails - Where is Everybody ?

22.10.09

shrinkmobil


"j'ai rêvé que je faisais un bras d'honneur, mais...je ne sais pas ce que ça veut dire"

The Edsels - Rama Lama Ding Dong

15.10.09

Jean s'enterre...



"Quand on parle de dauphin, je comprends mieux pourquoi : j'ai vu qu'il y avait un certain nombre de requins autour de moi et que c'était la seule façon de leur résister"

Étonnante répartie.
Leçon tirée du père : faire l'insulte sienne.
Oui parce que "j'ai vu et j'ai compris que c'était la seule façon de leur résister" implique qu'il serait lui-même à l'origine de sa détermination en tant que dauphin...oups.

Ensuite, peut-on dire d'un dauphin qu'il est un symbole de résistance..?
Oum ou Flipper peuvent en témoigner, le dauphin aime faire des ronds dans l'eau en sifflant, et être flatté à coups de poisson offert par la main de l'homme. La baleine se bat, l'orque peut dévorer, mais le dauphin tourne autour des bateaux en attirant l'attention. Moyen comme impact symbolique.

Autre leçon du père : confronter.
Quand tu parles, fils, trouve le moyen de mettre en opposition le "on" et le "je". C'est toi contre le reste du monde, et comme le disait un de mes bons amis "you're with us or against us". Allez file, et make me proud.

Pour clore ce billet d'amour, je terminerai par une variante de sa figure de rhétorique :
"j'aurais peut-être mieux compris si on m'avait surnommé l'Aiglon, au vu de la volée de pigeons qui s'ébattent autour de moi..."

Remarque, l'Aiglon en question n'a jamais eu 23 ans...